A ma Noisette dite Guélou
C'est la seule chatte qui ne
m'ait pas choisie, mais c'est avec elle que j'ai eu la plus grande complicité.
Elle est entrée dans ma vie le 24
juin 1997, suite au décès accidentel (le 24 avril 1997) de Bouille ma mémère de
14 ans, qui avait élu domicile chez nous en 1990 à l'âge d'environ 7 ans.
Le vide laissé par Bouille était
si grand que je ne pouvais imaginer vivre sans chat. Ma détresse a alors émue
une collègue (bénévole à la SPA de mon secteur), qui m'a parlé d'une chatonne
prénommée Automne de part la couleur de sa robe (tricolore). Nous étions début
juin. J'ai foncé à la SPA pour voir cette petite Louloute, elle était
magnifique et si petite ….. Comme nous partions bientôt en vacances, j'ai
demandé à ce que le refuge me garde ma Louloute en lui fournissant la nourriture. Il n'y
eu aucun problème.
Le 24 juin, au lendemain de notre
retour de vacances, nous partîmes chercher notre petite Louloute. Ce jour-là,
il y avait un peu de monde devant nous dont un couple. Nous attendîmes. J'ai
alors entendu une partie de la conversation, ce couple venait pour
"déposer" 2 chatons promis à 2 personnes différentes, mais qui
s'étaient désistées au dernier moment. La bénévole du refuge leur demanda de
remplir un formulaire d'abandon. La dame n'était pas d'accord, il n'était pas
question d'un abandon pour elle. Et puis, vint alors notre tour. Toute contente
j'annonce que je viens chercher ma petite Automne …. La dame est surprise :
"Comment
vous n'êtes pas au courant, Automne est morte la semaine dernière d'une
occlusion". J'en lâche la petite caisse de transport et éclate en
sanglots. Une deuxième fois le ciel me tombe sur la tête 2 mois jour pour jour.
La dame est très gênée devant ma réaction. Et puis elle se tourne vers le
couple (qui est toujours là à parlementer) : "
Peut-être pourriez-vous
voir avec cette personne, elle venait chercher son chaton qui est mort ? Ma
première question fut :
"Avez-vous une petite femelle ?"
"Oui" "une trois couleur ?" "Oui". Je
reprends alors un peu espoir et nous partîmes avec eux pour voir cette petite
chatonne. Lorsque l'on est arrivés, elle dormait sur le lit d'un de leurs fils,
elle était magnifique avec sa belle robe tricolore et sa petite tête
"coupée" en 2. Un côté gris clair et un côté beige bien distincts et
une magnifique fourrure (sa maman était une croisée Main Coon et sont papa un
gouttière). Je fonds littéralement devant elle. Le couple est super content, et
il décide alors de garder son petit frère. Nous avons fait ce jour 2 heureux.
Mais avec du recul, nous avons toujours regretté de ne pas les avoir pris les 2
…
Voilà comment est entrée dans ma
vie ma Noisette dite Guélou car elle était petite, elle avait 2,5 mois.
Après une courte période
d'adaptation, vint le temps de la découverte de son nouvel univers, des câlins,
des parties de souris en peluche, bouchons, balle de ping-pong …. Il fallait
sans cesse la cajoler, lui faire des papouilles, la porter. Petit à
petit s'est installée cette complicité. Elle avait ses repères, des bruits qui la guidaient. Elle
reconnaissait au loin le bruit de la voiture et venait à notre rencontre. Elle
s'installait avant moi sur le canapé le soir. C'était comique, même si elle
dormait sur son radiateur (aujourd'hui encore on parle du radiateur de Guélou)
quelque chose lui indiquait que s'était l'heure du film, c'était à celle qui
s'installait la 1
ère, c'est souvent elle qui gagnait d'ailleurs. Et
si j'arrivais avant elle, elle me grattait le dos pour que je lui fasse un peu
de place … Lorsque l'on rentrait de vacances, elle était toujours là. Elle
partageait tout à nos côtés. Elle n'a jamais griffé, n'a jamais gratté le
canapé en cuir, ni la tapisserie et lorsqu'elle était malade, elle vomissait
dans la litière.
C'était également une excellente chasseuse, je ne compte plus
les souris, les oiseaux y compris les pigeons, les chauves-souris, les martres
qu'elle ramenait à mes pieds comme un trophée toujours très fière. Et puis, il
y avait sa façon de miauler un petit coup au milieu de la nuit lorsqu'elle
rentrait et qu'elle voulait s'assurer que nous étions là. Un simple petit
"Guélou" de ma part et elle arrivait pour se blottir contre moi et
ronronner inlassablement.
Mais la nuit du dimanche 13
octobre 1997, je n'ai pas entendu son petit miaulement. A 6 heures du matin,
mon mari inquiet s'est levé et il est parti à sa recherche. Le temps que je
m'habille, il était de retour tout affolé en me criant qu'elle était dans le
plongeoir (nous occupons un logement de fonction dans une piscine municipale
qui comprend 4 bassins dont le fameux plongeoir). Je lui ai dit d'aller vite la
chercher, qu'elle allait avoir froid, ce qu'il n'osait pas me dire c'est qu'il
était déjà trop tard. Mon bébé poilu s'était noyée.
Je m'en suis voulue, car j'avais
pour habitude de la rappeler le soir avant d'aller me coucher et ce soir là, je
ne l'ai pas fait. Peut-être que si je l'avais fait, j'aurai pu la sauver … Je
sais que mon bébé a souffert et je n'oublierai jamais son regard lorsqu'on est
allés la récupérer. Une
détresse atroce… Cette fois-ci sa maman n'était pas à ses côtés….
Aujourd'hui, 5 ans après si je
ferme les yeux, je sens encore son odeur et la douceur de son poil. Elle me
manque encore terriblement. Pounette est arrivée peu de temps après son départ,
mais là c'est moi qui ai eu beaucoup de mal à m'habituer, je voulais absolument
qu'elle soit comme mon bébé. Chaque fois que je la prenais dans mes bras, je
pleurais, du coup elle allait se réfugier vers mon mari. Avec le temps, j'ai
appris à l'aimer elle aussi avec toutes ses différences. Et de l'amour elle en
a énormément besoin car elle n'a pas eu la chance de Guélou de naître dans une
famille et d'être papouiller dès son plus jeune âge, puisque nous l'avons
recueillis dans une association. Et contrairement à Guélou c'est Pounette qui
nous a choisis … Elle coule désormais des jours heureux à nos côtés. Je l'aime
énormément et c'est aussi le bébé à sa maman.